EFAB café, ce qu’il faut retenir de la conférence : « La gestion des sinistres immobiliers »

EFAB café, ce qu’il faut retenir de la conférence : « La gestion des sinistres immobiliers »

Dans le monde dynamique de l’immobilier, la gestion des sinistres demeure un défi majeur, particulièrement au vu du contexte météorologique actuel, nécessitant une expertise pointue. En novembre dernier, un groupe d’experts en gestion immobilière s’est réuni dans les locaux de l’EFAB à Lyon afin de partager leurs connaissances et expériences lors d’une conférence exclusivement dédiée à ce sujet et à nos élèves.

Nous avons donc eu le plaisir d’accueillir des invités de marque tels que Timothée Courberand, directeur de services syndic pour l’Agence centrale et mandataire judiciaire, Céline Reynard, gestionnaire de parc tertiaire chez Assetia, ainsi que Patrice Gauthrin, dirigeant d’une société de consulting et également responsable pédagogique de la filière mastère 1 et 2 à l’EFAB. Leurs expertises variées ont apporté un éclairage perspicace sur les différents aspects de la gestion des sinistres immobiliers, nous offrant ainsi une vision globale sur ce sujet en constante évolution.

Retrouvez dans cet article les moments forts de cette conférence.

La sinistralité des biens immobiliers est un sujet au cœur des préoccupations quotidiennes, notamment au vu des récentes tempêtes que nous avons vécues. La principale cause des sinistres subis par le parc immobilier dans la région lyonnaise est principalement due à des défauts de construction et de gros œuvre, tels que l’étanchéité.

Face à cette sinistralité, quel est le rôle du gestionnaire ?

Un traducteur hors pair

La gestion des sinistres immobiliers est un exercice complexe, compte tenu de la diversité des types de sinistres tels que les infiltrations, et de la coordination entre les acteurs lors des travaux de réparation. Dans ce processus, le gestionnaire technique joue un rôle pivot tout au long du processus. En début de chaîne, il est le premier averti, et en fin de chaîne, lorsqu’il est question de travaux correctifs. En effet, selon Mme Reynard, il est le traducteur du processus et assure le relais entre chaque acteur.

Car en effet, le processus de réparation du sinistre peut être long et complexe. De plus, de nombreux acteurs sont sollicités, notamment l’expert. Son arrivée marque le début du processus où le gestionnaire technique joue un rôle crucial de traducteur. Il doit comprendre les implications techniques et les actions de conservation à mener afin d’assurer la sécurité du bien et des occupants. En parallèle, il tient informés l’assurance et l’occupant en leur expliquant les tenants et aboutissants de manière compréhensible. La tâche paraît simple dite comme cela, or la diversité des interlocuteurs la rend complexe. En effet, la moindre erreur de communication ou autre peut entraîner des blocages préjudiciables, comme un arrêt des travaux. En tant que traducteur, le gestionnaire technique se doit de fluidifier ce processus et de s’assurer que chacune des parties travaille ensemble.

Doublé d’un rôle de conseiller

Dans le contexte de la gestion résidentielle, le gestionnaire possède le même rôle. Mais en amont du processus de réparation, il a pour rôle d’aiguiller les propriétaires et copropriétaires dans leurs choix de politique d’assurance. Il a aussi le pouvoir d’agir et de récuser la nomination des experts et des cabinets.

Pour M. Courberand, un bon gestionnaire est un gestionnaire avec un carnet d’adresses exhaustif. Il doit aussi « savoir plier et faire collaborer les courtiers et les experts ». Dans le cas où la copropriété ne dispose pas de trésorerie suffisante pour réaliser les travaux, le syndic doit avancer des fonds afin de confirmer leur couverture en cas de sinistre. Ce cas est rare, mais il existe, et comme rappelé par M. Gauthrin, cette avance faite par le syndic est une obligation légale voire pénale. Chose qui est tout à fait différente pour les gestionnaires en secteur tertiaire où ils ne se substitueront jamais à l’assurance.

Anticiper les sinistres et gérer les risques – Quels sont les entretiens obligatoires ?

Dans le secteur tertiaire, le gestionnaire technique se doit d’établir un plan pluriannuel des travaux chaque année pour le compte du propriétaire. Il va élaborer les axes des travaux en fonction des souhaits du propriétaire. Généralement, le premier axe concerne la sécurisation du bien et sa conformité aux normes. Ensuite, on travaille sur la pérennité du bien, telle que la durée de vie de la toiture ou d’autres éléments. L’objectif est de valoriser le patrimoine et de le pérenniser.

Du côté du syndic, le gestionnaire doit visiter tous les équipements communs, vérifier la sécurité incendie et la durée de vie de tous les biens. Il doit anticiper tous les potentiels risques et informer les copropriétaires. Aujourd’hui, les travaux à réaliser sont regroupés sous forme de bouquet afin de ne pas étaler les dépenses dans le temps. Nous attendons la décision du conseil avant d’entreprendre toutes sortes de travaux, car sans leur feu vert, nous ne pouvons rien faire. Même si parfois les assurances posent des conditions obligatoires, comme par exemple, s’il y a trop de vandalisme dans la copropriété, elles nous demanderont la plupart du temps d’installer des caméras.

Nouveaux défis et innovations dans la gestion des sinistres immobiliers

A l’ère du digital, de nouveaux défis émergent…

Au-delà des pratiques traditionnelles, les experts ont souligné l’émergence de nouveaux défis et les innovations dans la gestion des sinistres immobiliers. La transition vers des bâtiments intelligents ou « Smart Buildings » a été mentionnée, suscitant à la fois l’enthousiasme et la prudence. Si ces structures permettent une gestion plus efficace des données et des systèmes de prévention, elles soulèvent également des préoccupations liées à la dépendance excessive à l’électricité, exposant ainsi les biens à des risques de surtension et de sinistres associés.

…Ainsi que de nouveaux risques

L’évolution des risques liés à la rénovation a également été abordée, mettant en lumière des problèmes tels que la condensation résultant de travaux privatifs mal conçus. Le remplacement de fenêtres ou la modification des systèmes de ventilation peuvent entraîner des complications au niveau privatif, créant des défis complexes pour les gestionnaires immobiliers. De plus, la nécessité d’adapter les contrats aux besoins spécifiques de chaque site a été soulignée, nécessitant une approche personnalisée pour assurer une gestion efficace des risques.

Une conférence réussite

Nous remercions les experts pour leurs contributions précieuses et invitons les lecteurs à rester attentifs aux prochaines éditions de l’EFAB Café, qui exploreront de nouveaux sujets en accord avec les actualités du monde de l’immobilier.

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